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ICSA E-Newsletter,
Vol. 5, No. 2, July 2006
Perdus dans
la controverse entourant la polygamie
Michael Kropveld
Michael
Langone
(English version)
Le rapport
récent de Rebecca Cook publié
sur la polygamie
La polygynie et les obligations du Canada en vertu du droit international en
matière de droits de la personne,
en septembre 2006 et présenté à la Section de la famille, des enfants et des
adolescents du ministère de la Justice du Canada
réaffirme la prise de position que la
polygamie demeure illégale au Canada.
C’est ici un des
derniers épisodes d’une vaste série de publications à ce sujet.
La polygamie a connu une grande
notoriété depuis les olympiques d’hiver tenu à Salt Lake City en 2002. Les
articles publiés récemment traitent de la chasse par le FBI et l’arrestation de
Warren Jeffs, le chef du groupe Fundamentalist Church of Jesus Christ of
Latter Day Saints, de la fuite d’épouses venant d’enclaves de groupes
polygames et des “garçons perdus” (des adolescents du groupe qui ont quitté ou
ont été expulsés de leur famille).
En même temps
on peut lire et entendre les histoires ou les témoignages de polygames qui
dépeignent cette pratique comme étant acceptable et non problématique. De plus,
un nouveau téléroman de la populaire chaîne HBO, «Big Love », montre le
quotidien d’un homme, de ses trois femmes et de leurs sept enfants.
Que
devons-nous retenir de la série télé de HBO? Est-ce que la polygamie est en
train de devenir une situation banale et courante?
Devant ces
faits devrions-nous par cynisme accepter qu’avec une controverse et un contenu à
caractère sexuel, l’intérêt demeurera alimenté?
De quelque
point de vue que ce soit, on ne peut nier que ces dernières années les médias,
le public et le gouvernement se sont penché de plus en plus sur le sujet.
Ce ne sont
pas tous les types de polygamie qui sont sous les projecteurs. La polygamie
dans les autres cultures et religions est parfois mentionnée. L’attention des
médias s’attache surtout à la polygamie au sein des groupes mormons
fondamentalistes. Ce qui semblait être un secret caché du public pendant tant
d’années a été dévoilé, exposant une culture qui pour certains représente un
choix de vie alors que pour d’autres, en particulier les femmes et les enfants,
il constitue une prison où l’abus et l’exploitation sont des réalités
quotidiennes.
Les groupes
fondamentalistes mormons polygames ne datent pas d’hier. Ils existent depuis
environ 1890 alors que les groupes mormons traditionnels ont arrêté la pratique
de la polygamie. Malgré cette décision institutionnelle, les «véritables
croyants» ont perpétué leur mode de vie polygame. Quoique l’église mormone
n’apprécie pas l’usage du nom mormons fondamentalistes pour décrire ces groupes
polygames, ceux-ci continuent de se voir comme les véritables mormons.
Certaines
actions de ces groupes fondamentalistes ont mené à des enquêtes et rapports
gouvernementaux aux États-Unis et au Canada comme
The Primer on Polygamy: Helping Victims of Domestic Violence and Child Abuse in
Polygamous Communities (2005, Utah Attorney
General)
et un récent rapport canadien
La polygamie au Canada : conséquences juridiques et sociales pour les femmes et
les enfants : Recueil de rapports de recherche en matière de politiques
(Condition féminine Canada, C2005, Ottawa). Le rapport canadien est fait de
quatre différents rapports. L’attention médiatique a été concentrée sur le
rapport recommandant de mettre fin à la prohibition de la polygamie. Le débat
sur la décriminalisation de la polygamie demeurera certainement actif encore
longtemps.
De telles
enquêtes montrent toutefois de manière indiscutable que certaines
personnes, particulièrement des femmes et des enfants, subissent des torts
considérables dans des groupes polygames. Si les abus ne constituent pas la
norme, on ne peut en nier l’existence. Ces personnes ont besoin d’aide concrète
maintenant.
Au cours des
dernières années, Info-Secte et ICSA (International Cultic Studies Association)
ont répondu à de nombreuses demandes d’aide d’anciens membres de deuxième
génération. Ceux-ci sont nés ou ont été élevés dans des groupes plus exigeants,
rigides et fermés comme certains groupes mormons fondamentalistes. Les problèmes
auxquels ils doivent faire face lorsqu’ils laissent ces groupes ou lorsqu’ils en
sont expulsés sont différents des problèmes que connaissent les membres qui se
joignent au groupe à l’adolescence ou à l’âge adulte.
Contrairement aux
autres les ex-membres de deuxième génération n’ont aucun repère ni expérience
antérieure. L’adaptation à un environnement étranger peut créer une multitude de
problèmes dont des réactions extrêmes envers l’autorité, de profondes
déficiences au plan social et au niveau de l’éducation, des faiblesses dans
l’estime de soi et des conflits répétés avec les autres.
Comme c’est
souvent le cas, les besoins de ceux qui ont le moins de pouvoir passent
inaperçus dans la controverse. Les médias mettent l’emphase sur les problèmes et
n’avancent pas de solutions. Par conséquent, malgré l’attention accrue du public
sur le sujet, des femmes et des enfants continuent de souffrir faute de
ressources.
Nous pouvons
trop facilement nous égarer dans un débat centré sur le changement et
l’application des lois. Il ne faut pas oublier que de jeunes enfants et des
mères exténuées pris à l’intérieur de communautés isolées espèrent en silence de
l’aide
November 2006
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